Herramientas de Business Discovery según Gartner

julio 5, 2011

The Associative Experience | QlikView

marzo 9, 2011

Una buena explicación que la ventaja de la búsqueda asociativa.

The Associative Experience | QlikView.

Catalonia goverment view about #opendata

marzo 4, 2011

Smart Organization

marzo 4, 2011

Approximation to companies 2.0

Meet QlikView: Product Tour | QlikView

marzo 1, 2011

Una visió de producte força interessant. Crec que val la pena 5 minuts d’atenció.

Meet QlikView: Product Tour | QlikView.

Els analistes i el mercat ho corroborant !!

Predicciones de TrendsSpotting

febrero 17, 2011

La verdad es que las he encontrado bastante acertadas y lo que más me gusta es que esta lleno de referencias para poder seguir las fuentes de donde beben estos analistas.

The New Next: 2011 Moblie Influencers Predictions by TrendsSpotting.

Business Discovery: LA NUEVA GENERACIÓN BI

febrero 15, 2011

Según los analistas, la forma en que entendiamos el Business Intelligence ha de cambiar hacia el Business o Data Discovery. Y por ello situa a QlikTech como Lider en su cuadrante. De este concepto de partida nace el producto QlikView:

http://www.qlikview.com/us/explore/resources/whitepapers/business-discovery-powerful-user-driven-bi
Índice de Contenidos:

  • El Business Intelligence ha cambiado a mejor 3
  • El Business Intelligence tradicional no cumple sus promesas 3
  • Los consumidores capacitados están obligando a un cambio en masa 5
  • Business Discovery nace de las experiencias de los consumidores 6
  • Business Discovery es ágil, directo y está al alcance de todos 7
  • Business Discovery: Una central generadora de conocimiento 9
  • Apéndice 10
  • Whitepapers relacionados con QlikView 10
  • Artículos de blogs relacionados con QlikView 10

QlikView Leader -Magic Quadrant for Business Intelligence Platforms

enero 28, 2011

Publication Date: 27 January 2011

  • QlikTech is the poster child for a new end-user-driven approach to BI. Evidence for this can be found in the buzz around it (with a brand many times more prominent than its current market share), its continued growth, and the success of its July 2010 IPO on NASDAQ — the first BI flotation for many years.
  • Ease of use drives user adoption. QlikTech’s QlikView product is a self-contained BI platform, based on a wholly in-memory data store, with a set of well-integrated BI tools for building highly interactive applications. Anecdotal feedback from QlikView end users invariably centers on how intuitive and likable the product is to use. More than three-quarters of QlikView customers said they selected it primarily for its ease of use for end users (the only vendor on the quadrant where above 75% of those surveyed said this was the case). Moreover, because of this advantage, many of QlikTech’s customers use the product for rapid prototyping, often when another BI platform standard is already in place.
  • QlikView’s architecture and go-to-market approach continue to deliver a high degree of customer satisfaction, although with the note of realism that appeared in the 2010 survey somewhat heightened in 2011. As in previous years, QlikTech garnered among the highest scores for customer experience, vendor success and business benefit outcomes — however, customers’ rating of QlikView’s functionality, which rated high before, fell out of the top-three vendors surveyed in 2011.
     
  • QlikTech’s “land and expand” sales strategy is working. Based on the survey, QlikView deployments are growing, both in terms of their reach across their customers (most QlikView implementations are now regional or national, the third widest scope of any vendor on the Magic Quadrant — only trailing Oracle and SAP) and in terms of average number of users per customer respondent (up from 380 in 2010 to 1,019 this year). QlikTech’s ability to demonstrate larger and more complex deployments, coupled with its otherwise stellar market success, are the major reasons for its move from a Challenger to a Leader on this year’s Magic Quadrant.
  • QlikTech is building out from its initial midmarket stronghold; survey data shows that larger organizations are adopting QlikView, with 53% of customers considering it a BI standard (a rise of 5% over 2010). Gartner frequently sees companies deploy QlikView for use in rapid prototyping and requirements gathering, usually alongside a more traditional semantically modeled BI platform.
  •  

    In 2010, business users had greater influence over BI buying, often choosing data discovery vendors as an alternative to traditional BI tools:

    Accio10- Guies d´innovació i internacionalització

    diciembre 17, 2010

    iProductivitat, les TIC per incrementar el rendiment de les persones

    Les citoyens ne se laisseront pas faire

    diciembre 3, 2010

    From: http://www.courrierinternational.com

    Les citoyens ne se laisseront pas faire
    Dans nos démocraties occidentales,le pouvoir mise sur la léthargie des gens, mais oublie leur
    fierté de citoyens. Le philosophe allemand Peter Sloterdijk analyse les ressorts des récentes
    mobilisations de masse dans son pays et ailleurs en Europe.
    Peter SLOTERDIJK
    25-11-2010
    Chaque fois que des politiques et des politologues s’interrogent sur l’état de la res publica
    moderne, des réminiscences de la Rome antique s’imposent à leur esprit. C’est ce qui est
    récemment arrivé au malheureux ministre des Affaires étrangères allemand, Guido
    Westerwelle, lorsque, pour critiquer l’Etat social, par trop prodigue à ses yeux, il en est
    arrivé à comparer la situation actuelle avec celle de la décadence romaine. A quoi pensaitil
    exactement ? Mystère. Peut-être le chef de la diplomatie allemande avait-il à l’esprit de
    vagues réminiscences du programme d’histoire inculqué à la plupart des élèves allemands
    nés en 1961, ce qui est son cas. Il n’y a là aucune raison de s’inquiéter. Mais, dans la
    bouche d’un dirigeant politique, une telle référence à la décadence romaine n’est pas
    uniquement le symptôme d’une formation lacunaire ou d’une audace verbale supposée
    faire de l’effet sur un certain public. Elle contient toute une série d’implications
    dangereuses que leur auteur aurait assurément rejetées s’il en avait eu conscience.
    Le système romain “du pain et des jeux” constitue la première forme de ce que l’on
    appelle depuis le XXe siècle la “culture de masse”. Il symbolise le passage d’une
    République de sénateurs austère à un Etat postrépublicain théâtral, centré sur un mime
    jouant le rôle d’empereur. Cette transition était devenue inévitable dès lors que l’Empire
    romain, converti en monarchie césarienne, s’acheminait vers l’éviction du Sénat et du
    peuple de la gestion des affaires publiques. De ce point de vue, la décadence romaine
    n’était que l’autre versant de l’exclusion politique des citoyens : tandis que la gestion de
    l’empire s’empêtrait de plus en plus dans des manoeuvres de pure forme, s’imposait peu à
    peu dans le champ du divertissement et plus exactement dans les arènes du bassin
    méditerranéen et lors des fêtes organisées par les classes aisées des métropoles – une
    tendance à l’abrutissement et à la désinhibition. L’Etat gestionnaire et l’Etat de
    divertissement marchaient main dans la main pour répondre à une situation où l’exercice
    du pouvoir ne pouvait plus être assuré que par une large dépolitisation de la population de
    l’Empire.
    2
    Tôt ou tard, le petit jeu des réminiscences romaines finit par toucher des notions
    dangereuses. Evoquer Rome, c’est évoquer la res publica, et celui qui s’y frotte ne devrait
    pas manquer de s’interroger sur le mystère de ses origines. Si les Césars continuaient à
    décider par décrets en usant de la formule consacrée “Le Sénat et le peuple romain”
    (Senatus Populusque Romanus, SPQR), il était évident que les deux instances avaient été
    dépossédées quasi entièrement de leurs pouvoirs.
    Esprit de révolte
    La “chose publique” de la vieille Europe a commencé par une tempête qui mérite réflexion.
    Sextus Tarquin, le fils du dernier roi de Rome, Tarquin le Superbe, succomba aux
    charmes d’une jeune matrone romaine du nom de Lucrèce, dont la beauté et la vertu lui
    avaient été vantées par son époux, Tarquin Collatin. Manifestement, Sextus Tarquin ne
    tolérait pas qu’un homme de condition inférieure soit plus heureux que lui dans la sphère
    de l’éros. La fin de l’histoire nous a été transmise par Tite-Live et, en littérature, par
    Shakespeare : Sextus Tarquin pénètre dans les appartements de Lucrèce et, exerçant un
    chantage sur elle, la contraint à se laisser violer. Après avoir été déshonorée, la jeune
    femme rassemble ses proches, les informe de l’outrage et se poignarde sous leurs yeux.
    Ebranlés, les Romains, peuple paisible de bergers et de paysans, se métamorphosent en
    une masse révolutionnaire. Tarquin le Superbe est chassé, la dynastie étrusque
    définitivement bannie. Plus jamais on ne tolérera d’être gouverné par un personnage imbu
    de lui-même. Le nom du roi est proscrit pour l’éternité.
    De cette convulsion des citoyens naît une idée lourde de conséquences : à l’avenir, le
    gouvernement de Rome sera confié exclusivement à des Romains. Deux consuls se
    neutraliseront et leur élection annuelle empêchera toute confusion entre la fonction et la
    personne. C’est sur la base de ces résolutions que se met en marche, en l’an 509 av. J.-
    C., la machine républicaine la plus ingénieuse de l’histoire de l’humanité. Une success
    story sans pareille débute et se poursuit jusqu’à ce que, près de un demi-millénaire plus
    tard, l’expansion excessive de l’Empire romain nécessite l’instauration d’un système
    néomonarchique.
    La légende de Lucrèce fait surgir la res publica de l’esprit de révolte. Ce qu’on appellera
    plus tard la “sphère publique” est au départ un épiphénomène de la fureur des citoyens.
    Le premier forum est né de la colère de la masse ; à son premier ordre du jour, il n’y avait
    qu’un seul point : le rejet de l’infamie émanant du pouvoir dirigeant. C’est à partir de leur
    colère immédiatement éprouvée face à l’orgueil sans limites du roi que les simples
    habitants de Rome ont compris que, désormais, ils se voulaient “citoyens”. Aussi, le
    consensus qui est à la base de ce que nous appelons aujourd’hui encore la “vie publique”
    repose sur l’unanimité des citoyens face à l’affront fait aux lois tacites des convenances et
    du coeur.
    3
    Postdémocratie
    Soulignons encore une fois ce qui fut décisif : ce que nous désignons aujourd’hui par le
    terme d’origine grecque “politique” dérive du sens de l’honneur et de la fierté des gens
    ordinaires. Pour parler du spectre des affects liés à la fierté, la tradition européenne se
    sert du terme grec “thymos”. Et l’échelle thymotique de la psyché humaine comporte de
    nombreux degrés : de la jovialité, la bienveillance et la générosité à l’indignation, la colère,
    le ressentiment, la haine et le mépris, en passant par la fierté, l’ambition ou l’obstination.
    Or, tant que la fierté est au coeur du gouvernement d’une communauté politique, les
    questions d’honneur et d’honorabilité demeurent au centre de l’attention générale. Le
    respect de la dignité civique est considéré comme le bien suprême. Et l’esprit public veille
    scrupuleusement à ce que l’arrogance et la cupidité, les deux forces principales et toujours
    virulentes de la communauté sociale, n’aient jamais la haute main dans la res publica.
    On voit ainsi clairement pourquoi il n’est pas anodin, de nos jours, de parler de la
    décadence de Rome et de faire le parallèle avec la situation actuelle. Celui qui tient ce
    genre de discours reconnaît implicitement qu’il croit que, le moment venu, succédera à la
    république moderne – née voilà plus de deux cents ans de la colère antimonarchique
    ayant animé les révolutions américaine et française – une phase postrépublicaine. Celle-ci
    se caractériserait par une nouvelle coexistence du pain et des jeux ou, pour parler en
    termes plus contemporains, par une synergie de l’Etat social et de l’industrie du
    divertissement. Force est de constater que les signes avant-coureurs d’une telle synergie
    sont omniprésents. Le discours sur la “postdémocratie” qui nous vient de Grande-
    Bretagne – c’est-à-dire l’idée que les éminentes compétences des grands décideurs -
    politiques peuvent nous permettre de faire l’économie de la participation des citoyens –
    n’a-t-il pas subrepticement conquis les directions des partis et les séminaires de sociologie
    du monde occidental ? Ne sont-ils pas légion, ceux qui se sont mis existentiellement à
    couvert – à la manière des stoïciens et des épicuriens de jadis – et se sont résignés à ce
    que la bureaucratie, le spectacle et l’accumulation de biens privés marquent aujourd’hui
    l’horizon ultime ?
    On pourrait tirer de ces observations la conclusion hâtive que, au crépuscule de cette
    deuxième ère républicaine que nous appelions “modernité politique”, les tendances postdémocratiques
    se sont déjà entièrement imposées. Il ne nous resterait alors plus, à nous
    les habitants de la deuxième res publica amissa (de la communauté abandonnée), qu’à
    attendre le retour des Césars – et de leur version de pacotille, les populistes, si tant est
    que le populisme nous apporte aujourd’hui la preuve que le césarisme fonctionne aussi
    avec des figurants.
    Club d’autistes
    Oswald Spengler [1880-1936, auteur du Déclin de l’Occident et grand admirateur de
    Mussolini, qu’il voyait comme le parangon du césarisme] aurait-il donc eu raison en
    avançant la dangereuse suggestion selon laquelle il faut être un théoricien de la
    décadence pour bien diagnostiquer les phénomènes de son temps ? Nous serions bien
    inspirés de ne pas nous laisser emporter par l’élan de l’analogie.
    4
    Certes, les signes indiquant que nous vivons dans un système postrépublicain et
    postdémocratique ne manquent pas. Le symptôme le plus significatif, l’exclusion des
    citoyens par un Etat replié sur lui-même et enfermé dans son monologue, se constate
    aujourd’hui largement. Et l’actuelle ligne du gouvernement allemand [coalition entre les
    chrétiens-démocrates et les libéraux] sur la question de l’énergie nucléaire prouve que
    l’action politique s’apparente de plus en plus au monologue d’un club d’autistes.
    Mais on aurait tort de croire que dans cette deuxième période postrépublicaine l’exclusion
    des citoyens peut se mettre en place aussi facilement qu’après l’instauration du régime
    des Césars : les auteurs grecs classiques avaient des humains, en tant qu’êtres mus par
    l’éros et la fierté, une compréhension autrement plus profonde que les auteurs modernes,
    lesquels se limitent en majorité à interpréter la psyché humaine à partir de la libido, du
    sentiment de manque et de la soif de posséder. Depuis plus de cent ans, les questions de
    fierté et d’honneur ne leur inspirent plus rien. Il n’est dès lors pas surprenant
    qu’aujourd’hui les politiques et les psychologues ne soient d’aucun conseil quand on les
    confronte aux manifestations publiques de la fierté oubliée de la psyché humaine.
    Lorsqu’on observe le paysage des troubles politiques en Europe, en particulier les foyers
    de crise en Allemagne, on ne tarde pas à saisir ceci : si aujourd’hui l’exclusion des
    citoyens n’aboutit pas entièrement, malgré l’ampleur de l’expertocratie et de la culture de
    l’amusement, c’est que la fierté des citoyens n’a pas été prise en compte.
    Et tout à coup il est de nouveau là, sur scène, le citoyen thymotique, le citoyen sûr de lui,
    informé, réfléchi et désireux de prendre part aux décisions, et quel qu’il soit, homme ou
    femme, il porte plainte devant le tribunal de l’opinion publique contre le fait que ses
    préoccupations et ses idées ne sont pas représentées dans le système politique actuel. Il
    est de nouveau là, le citoyen toujours apte à se révolter, parce que, malgré tous les efforts
    qui ont été déployés pour le réduire à un fatras libidinal, il a conservé son sens de
    l’affirmation de soi et il manifeste ces qualités en portant sa dissidence sur la place
    publique. Le citoyen turbulent refuse d’avaler tout ce qu’on lui sert en politique, de
    s’abstenir d’exprimer des opinions “contre-productives”. Et, tout à coup, ce citoyen informé
    et révolté s’avise, on ne sait comment, de prendre au pied de la lettre le paragraphe 2 de
    l’article 20 de la Loi fondamentale [Constitution allemande], qui stipule que tout pouvoir de
    l’Etat émane du peuple. Qu’est-ce qui l’a pris de lire le mystérieux verbe “émaner” comme
    une invitation à sortir de ses quatre murs pour aller exprimer ce qu’il veut, ce qu’il sait et
    ce qu’il redoute ?
    A la source du sentiment de communauté des Romains, il y avait le refus de supporter
    plus longtemps l’arrogance démesurée de leurs dirigeants. Aujourd’hui aussi,
    d’innombrables citoyens voient des raisons de s’élever contre la morgue de leurs
    dirigeants. Même si cette morgue est devenue anonyme et si elle se cache derrière des
    systèmes soumis à une contrainte extérieure, de temps à autre les citoyens, en particulier
    en tant que contribuables et destinataires de discours creux à visée électoraliste, voient
    néanmoins assez clairement à quel jeu on joue avec eux.
    Mais pourquoi diable les gens ne peuvent-ils pas rester tranquillement à la place qu’on
    leur a assignée ? Pourquoi ne peut-on plus compter sur leur léthargie, essentielle pour le
    système ?
    5
    Dans une démocratie représentative, les citoyens servent en premier lieu de fournisseurs
    de légitimité aux gouvernements. C’est pour cette raison que, à intervalles espacés, ils
    sont invités à exercer leur droit de vote. En revanche, entre les scrutins, c’est avant tout
    par leur passivité qu’ils peuvent se rendre utiles ; leur tâche principale consiste à exprimer
    par leur silence leur confiance envers le système.
    Pour être polis, contentons-nous de constater qu’une telle confiance est devenue une
    ressource rare. Même les politologues de cour, à Berlin, parlent du fossé manifeste entre
    la classe politique et la population. Mais les experts n’osent encore émettre ce dur
    diagnostic : la politique de dépolitisation du peuple est en passe d’échouer.
    Les Romains de l’époque des Césars étaient parvenus à mener à bien une dépolitisation
    magistrale : pour répondre aux exigences des citoyens, les élites de l’empire leur
    proposaient des ersatz passablement satisfaisants – en dépit des signes évidents de la
    décadence postrépublicaine. Ils avaient su éveiller dans le civis Romanus la fierté des
    activités civilisatrices de l’empire ; ils avaient rallié les peuples de la périphérie au centre
    en adoptant la manière douce ; ils avaient été suffisamment intelligents pour garantir aux
    masses urbaines une participation au narcissisme théâtral du culte des césars. En
    comparaison, l’incompétence de notre classe politique dans tous les aspects de
    l’économie thymotique saute aux yeux. Elle n’a bien souvent rien de plus à offrir aux
    citoyens que la perspective d’une participation à son propre fonctionnement misérable –
    une offre que la population n’accepte en règle générale que lors d’un carnaval et des
    oraisons rituelles. Depuis quelque temps, lorsqu’on demande aux instituts de sondages
    comment le peuple considère les performances de ses gouvernants, ils nous répondent le
    plus souvent : avec mépris. Inutile de préciser que ce terme appartient au vocabulaire
    élémentaire de l’analyse thymotique et figure tout en bas de l’échelle de la fierté. Aussi,
    lorsqu’il est utilisé avec une fréquence et une virulence telles, il devient évident que la
    gestion psychopolitique de notre communauté déraille amplement.
    Spéculer sur la passivité
    Le songe des systèmes engendre des monstres. C’est ce que vivent les dirigeants à leur
    manière lorsque les citoyens insatisfaits s’opposent à leurs projets et à leurs procédures.
    Sans surprise, le mépris répond spontanément au mépris. A Stuttgart et à Berlin, la
    dissidence malvenue des citoyens a été combattue dans un climat de frayeur, avec un
    vaste déploiement de policiers et d’insultes. C’est donc à cela que ressemble cette chose
    sombre d’où émane le pouvoir de l’Etat ? “Contestataires professionnels, anarchistes
    dilettantes, démocrates d’apparat, égoïstes générationnels, laissés-pour-compte de la
    prospérité” : voilà en quels termes le gouvernement du Land de Bade-Wurtemberg et ses
    alliés à Berlin se sont exprimés face aux dizaines de milliers de personnes descendues
    dans la rue pour s’opposer à un grand projet en voie d’émiettement.
    6
    Doit-on pardonner ces choix lexicaux parce que ceux qui les ont faits étaient en état de
    choc ? Non, bien au contraire, il faut être reconnaissant à ces responsables politiques
    d’avoir enfin exprimé ce qu’ils pensent des citoyens. Il mérite d’être souligné qu’une partie
    considérable de la presse, y compris de qualité, a été prête, en pleine tourmente, à
    s’identifier à la classe politique : on a récemment qualifié les manifestants de “citoyens en
    furie” – cette remarque aurait d’ailleurs été tout à fait judicieuse si elle avait porté en elle la
    mémoire du lien originel entre révolte et République. Hélas, elle n’a servi qu’à chasser
    comme des mouches les indésirables dissidents. Pour le reste, on voit que bien des
    journalistes savent comment apporter leur contribution à l’oeuvre d’exclusion des citoyens.
    La caste effrayée a répondu à coups de matraque et de gaz lacrymogènes aux arguments
    des citoyens qui avaient mis au jour des problèmes dans le projet de la nouvelle gare de
    Stuttgart. Le vénérable Parti social-démocrate (SPD) a lancé une procédure d’exclusion
    lorsqu’un de ses membres chevronnés [allusion à Thilo Sarrazin, voir CI n° 1036, du 8
    septembre 2010] a pointé, preuves à l’appui, les failles de la politique d’immigration
    allemande – et présenté des faits qui auraient d’ailleurs gagné à ne pas s’appuyer sur la
    génétique. Dans les deux cas, on a argué qu’on n’avait pas pris les mesures nécessaires
    – frapper et exclure – à la légère. Exclure les citoyens : un métier à part entière, parfois
    plus dur encore que tarauder des planches de bois dur [référence à une phrase du
    sociologue Max Weber à propos du travail du politique].
    Seule une analyse minutieuse du système politique et de ses paradoxes peut nous
    permettre de dépasser un horizon aussi bouché. Les Césars sont parvenus allégrement à
    exclure et à satisfaire simultanément les citoyens. La démocratie représentative moderne,
    elle, en est en principe incapable. En conséquence, les démocraties modernes n’ont plus
    que deux issues possibles, l’une menant à la ruine économique, l’autre ayant des
    conséquences psychopolitiques imprévisibles : l’exclusion des citoyens par l’octroi de
    primes destinées à les faire se tenir tranquilles, et leur engourdissement par la résignation.
    Le fonctionnement des primes, tous ceux qui ont suivi le débat actuel sur les allocations
    distribuées par l’Etat le connaissent. Les manières de parvenir à la résignation ne sont pas
    non plus un mystère. En apparence, la résignation ressemble à la satisfaction d’un peuple
    qui se sent bien gouverné. Mais elle s’en distingue par l’atmosphère de grogne
    impuissante qui considère, au fond, que “ceux d’en haut” sont tous les mêmes. C’est dans
    un tel climat que la participation aux élections peut chuter au-dessous de 50 % sans que
    la classe politique y voie la moindre raison de s’affoler.
    Exclure les citoyens par la résignation, c’est jouer avec le feu, car à tout moment la
    résignation peut se transformer en son contraire, la révolte ouverte et la colère manifeste.
    Et, une fois que la colère se fixe sur un thème, il n’est pas facile de l’en détourner. A cela
    s’ajoute, du côté de la classe politique, que l’exclusion moderne des citoyens veut se
    présenter comme une “inclusion”. La dépolitisation des citoyens doit rester associée à une
    politisation résiduelle minimale pour assurer l’autoreproduction de l’appareil politique.
    7
    Les citoyens de notre hémisphère ne sont jamais autant tenus à l’écart de la politique
    qu’en leur qualité de contribuables. L’Etat moderne est parvenu à imposer aux citoyens
    leur rôle le plus passif au moment où ils versent leur contribution à la caisse commune. Au
    lieu de mettre en avant la qualité de donateur du contribuable et de souligner avec respect
    le caractère de don de l’impôt, l’Etat fiscal moderne accable le citoyen de cette fiction
    dégradante : le contribuable aurait une dette massive envers la caisse commune, une
    dette telle qu’il ne pourrait l’effacer qu’en payant ses traites à vie. Les citoyens forment dès
    lors le groupe sur lequel pèse la dette collective, et ils paieront jusqu’à leur dernier soupir
    pour ce que les responsables de leur exclusion mettent aujourd’hui sur leur dos. Qu’on ne
    vienne pas dire que la politique actuelle n’a plus de vision. Il reste une utopie sociale : si la
    chance est de notre côté et si nous faisons tous notre possible, à terme nous parviendrons
    même à réaliser l’impossible, à savoir éviter la banqueroute de l’Etat. Et cette utopie
    devient l’étoile rouge qui luit dans le ciel au crépuscule de la démocratie.
    Depuis le début de la crise financière, en 2008, de nombreux commentateurs soulignent
    les dangers de la spéculation sur les marchés financiers. Et pourtant rien n’a été dit sur la
    plus dangereuse des spéculations : ne tirant aucune leçon des crises, la plupart des Etats
    modernes spéculent sur la passivité de leurs citoyens. Les gouvernements occidentaux
    parient que les leurs continueront à se rabattre sur le divertissement ; les gouvernements
    asiatiques parient sur l’éternelle efficacité de la répression ouverte. L’avenir sera
    déterminé par le résultat de la compétition entre le mode euro-américain et le mode
    chinois d’exclusion des citoyens. Tous deux reposent sur le principe qu’il serait possible
    de contourner le devoir de représentation éclairée et d’ignorer dans l’action politique le
    savoir et la volonté des citoyens, et ce en continuant à compter sur une forte passivité
    citoyenne. Jusque-là, tout a étonnamment bien marché. Même en ce mois de décembre
    fatidique de l’année 2009, après l’échec du sommet de Copenhague sur le climat, les
    citoyens européens ont préféré s’affairer à leurs achats de Noël plutôt que s’occuper de
    politique. Ils ont préféré rentrer chez eux les bras chargés de paquets plutôt que d’infliger,
    symboliquement du moins, le supplice – mérité – du goudron et des plumes à leurs
    “représentants” revenus les mains vides du Danemark.
    Nul besoin d’être devin pour savoir ceci : ces bulles spéculatives éclateront tôt ou tard,
    parce que, à l’ère de la civilisation numérique, aucun gouvernement au monde n’est à
    l’abri de la révolte de ses citoyens. Et, lorsque la colère accomplit son oeuvre, de nouvelles
    formes de participation politique voient le jour. La postdémocratie à notre porte devra
    attendre.
    Peter SLOTERDIJK
    25-11-2010


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